Auxiliaire gouzout : Différence entre versions

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''[[Gouzout]]'' connait un autre emploi d'auxiliaire qui se retrouve de dialecte en dialecte. L'emploi en (2) rappelle syntaxiquement l'emploi du verbe 'savoir' en français (''Je ne saurais aller plus loin.''). Sémantiquement, cet emploi a une lecture d'[[habitude]].
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''[[Gouzout]]'' connait un autre emploi d'auxiliaire qui se retrouve de dialecte en dialecte. Sémantiquement, dans les phases positive, l'auxiliaire ''gouzout'' a une lecture d'[[habitude]].
  
  
 
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Cependant, en breton, ''gouzout'' en tant qu'auxiliaire semble avoir une distribution plus large car non restreinte à la négation.
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A la négation, la lecture d'habitude n'est pas évidente. En (2), la lecture est plutôt [[épistémique]].
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L'emploi épistémique dans les phrases négatives rappelle syntaxiquement l'emploi du verbe 'savoir' en français (''Il ne saurait y en avoir beaucoup cet hiver.''), qui lui aussi est restreint à la négation ([[*]] ''Il saurait y en avoir beaucoup cet hiver.'').
  
On trouve des usages du verbe ''savoir'' en tant qu'auxiliaire en [[franco-breton]], avec la même lecture d'[[habitude]].
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Le contraste avec le breton tient doc dans les phrases positives avec leur lecture d'[[habitude]]. En [[franco-breton]], on trouve des usages du verbe ''savoir'' en tant qu'auxiliaire avec la même lecture d'[[habitude]] qu'en breton.
  
 
* ''Et quand le terme était trop avancé, certaines '''savaient''' dire: 'Celle-là n'attrapera jamais la noce, jamais!' ''
 
* ''Et quand le terme était trop avancé, certaines '''savaient''' dire: 'Celle-là n'attrapera jamais la noce, jamais!' ''
 
: ''Douarnenez'', [[Martin (1994)|Martin (1994]]:79)
 
: ''Douarnenez'', [[Martin (1994)|Martin (1994]]:79)
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Version du 5 mars 2014 à 14:16

Gouzout, qui est un verbe lexical qui signifie 'savoir' a aussi deux emplois différents en tant qu'auxiliaire.

Gouzout fait partie des quelques verbes qui se prennent eux-même comme auxiliaires, auquel cas il sert juste de support aux morphèmes d'inflexion portant les traits d'accord du sujet et de temps.


(1) gout' ouie en ur sevel, da betra e vefe kinniget an devezh.
savoir R savait en lev.er à1 quoi R serait employé le jour.née
'Elle savait (bien), en se levant, à quoi serait employée la journée.'
Standard, Ar Barzhig (1976:29)


Gouzout connait un autre emploi d'auxiliaire qui se retrouve de dialecte en dialecte. Sémantiquement, dans les phases positive, l'auxiliaire gouzout a une lecture d'habitude.


(2) Tud 'zo a oar lâret e teuont c'hoazh.
gens y.a R sait dire R viennent encore
'Il y a des gens qui disent qu'ils viennent encore.' Cornouaillais (bigouden), Bijer (2007:144)


Morphologie

Favereau note la forme vannetaise fehe:

  • Ne fehe ket gober... 'Il ne saurait y avoir...'


Sélection

L'auxiliaire gouzout sélectionne une proposition infinitive (une petite proposition).


(1) Honnezh ouie [ tommañ kafe deomp ].
celle.là R AUX chauff.-er café à.nous
'Celle-là nous chauffait du café.' Bas-cornouaillais (Le Juch), Hor Yezh (1983:5)


(2) An dud a ouie [ dont tout da di Mémère neuze ].
le gens R AUX venir tous à maison Mémère alors
'Les gens venaient alors tous chez Mémère.' Bas-Cornouaillais (Tréboul), Hor Yezh (1983:75-76)


(3) Ha goude-se ar re-se ouie [ dont tout setu vie blag ken-ha-ken ].
et après-ça le ceux-ci AUX venir tous voila y.avait blague autant-&-autant
'Et après tous ceux-là venaient et on blaguait tant et tant.'
Bas-Cornouaillais (Tréboul), Hor Yezh (1983:76)


(4) Eñ evid rei eun tamm startijenn deom, eñ a ouie kana, kwa.
lui pour donner un morceau énergie à.nous lui R AUX chanter, quoi
'Lui, pour nous donner un peu d'énergie, il chantait, quoi.'
Cornouaille (Pleyben), Marvailloù (1994:9)


(5) Ha ni ouie [ mont d'ober van da gas boued ].
et nous AUX aller à'faire semblant de envoyer nourriture
'Et nous faisions semblant d'amener de la nourriture.'
Bas-cornouaillais (Le Juch), Hor Yezh (1983:5)

Sémantique

lecture d'habitude dans les phrases positives

Merser (2011:126) attache les formes auxiliées en gouzout à une lecture d'habitude.


(1) Va zad a ouie lavared din...
mon père R savait dire à.moi
'Mon père avait l'habitude de me dire...' Merser (2011:126)


lecture épistémique dans les phrases négatives

A la négation, la lecture d'habitude n'est pas évidente.


(2) En eur wezenn zeh n'oufe ket bezañ kalz a avalou.
dans un arbre.SG sec ne saurait pas être beaucoup de pommes
'Dans un arbre sec, il ne saurait y avoir beaucoup de pommes.' Trégorrois, Gros (1984:321)


En (3), la lecture est même plutôt épistémique.


(3) N'oufe ket bezañ aet pell.
ne saurait pas être allé loin
'Il ne saurait être loin.' Favereau (1993:§'gouzout')


Diachronie

(1) Hé varc'h n'eo kéd eul loen mâd, neuz fors péger gloruz éc'h oufé béa gant-hañ.
son cheval ne est pas un animal bon ne y.a importe combien fier R.AUX être avec.lui
'Son cheval n'est pas une bonne bête, quelque fier qu'il en soit.'
Hingant (1868:§139-146)


Horizons comparatifs

L'emploi épistémique dans les phrases négatives rappelle syntaxiquement l'emploi du verbe 'savoir' en français (Il ne saurait y en avoir beaucoup cet hiver.), qui lui aussi est restreint à la négation (* Il saurait y en avoir beaucoup cet hiver.).

Le contraste avec le breton tient doc dans les phrases positives avec leur lecture d'habitude. En franco-breton, on trouve des usages du verbe savoir en tant qu'auxiliaire avec la même lecture d'habitude qu'en breton.

  • Et quand le terme était trop avancé, certaines savaient dire: 'Celle-là n'attrapera jamais la noce, jamais!'
Douarnenez, Martin (1994:79)