Accusatif

De Arbres
Aller à : Navigation, rechercher

Le cas accusatif, dans les langues basées sur une opposition casuelle nominatif/accusatif, est le cas assigné prototypiquement à l'objet d'un verbe transitif.


Morphologie

Les groupes nominaux en breton et les pronoms démonstratifs ne portent pas de marquage casuel.

En français, les groupes nominaux ne portent pas non plus de marquage casuel, mais ce marquage apparaît sur les pronoms. Au masculin, le nominatif est il et l'accusatif est le, au féminin le nominatif est elle et l'accusatif est la.


(1) Il va le laver. (Jean, le bateau)

Elle va la laver. (Jeanne, la barque)

En breton, il existe aussi différents différents paradigmes de pronoms. Cependant, le choix d'un paradigme particulier dépend du site de distribution de ce pronom, et non pas de sa fonction argumentale par rapport au verbe.

Un courant de recherche considère que le breton est une langue accusative (Costaouec 1998:299, Solliec 2015:73).

Absence de l'accusatif en breton

Jouitteau (2005:chap.4) remarque qu'il n'y a pas en breton de marquage casuel propre à l'objet.

- Les groupes nominaux et les pronoms démonstratifs n'ont pas de marquage casuel.

- Les pronoms objets qui apparaissent à l'endroit où un syntagme nominal objet apparaîtrait sont incorporés dans la préposition a/eus, ('de'), une préposition assignatrice de cas.

- Les pronoms objets proclitiques (les pronoms au cas oblique qu'on trouve devant les verbes), montrent un paradigme morpologique qui leur fait ressembler énormément aux pronoms possessifs mais pas entièrement.

- Le pronom réfléchi en em, proclitique sur le verbe aussi, est invariable.

- Les pronoms enclitiques reçoivent un cas direct, comme dans le cas des pronoms objet postverbal d'un impératif (ceux qu'on trouve juste après un verbe à l'impératif), des pronoms objet postverbal avec le verbe ‘avoir’ et des pronoms objet postverbal d'un infinitif. Ces derniers ont un paradigme qui ressemble mais diffère parfois des pronoms sujets directs.


Analyse

Le système casuel du breton n'est pas basé sur une dualité nominatif/accusatif, mais sur une dualité cas direct/cas indirect (Jouitteau 2010:314).