-ezh (N.)

De Arbres
Aller à : Navigation, rechercher

Le suffixe -ezh dérive un nom abstrait à partir d'un nom ou d'un adjectif (Favereau 1997:§168).


(1) Sorcérés tout émèzo. Léon, (Lesneven), Burel (2012:34)
Sorserezh tout, emezo.
sorcellerie tout dit.eux
'Pure sorcellerie, disaient-ils.'


Favereau (1997:§168) donne follez, 'folie'; uhelez, 'hauteur'


Morphologie

composition

racine adjectivale

Le suffixe -ezh se trouve en composition avec le suffixe adjectival -el, pour donner la finale complexe -elezh.


racine nominale

Le suffixe -ezh peut apparaître sur une racine nominale.


(1) Nag a geraouez a zo hirio war beb tra!
que de cher.N.sfx R y.a aujourd'hui sur chaque chose
'Que tout est cher aujourd'hui!' Merser (2009:'keraouez')


C'est aussi le cas dans les dérivations en -adur + -ezh = -adurezh

Selon Kersulec (2010:153) et Irslinger (2014:99), on le trouve aussi en composition avec le suffixe de nom d'agent -er dans le suffixe complexe -erezh.


composition

-egezh

(2) Mestr an tiegezh a ouie ne oa ket va zad a-wel da c’hellout paeañ ... Léon (Bodilis), Ar Floc'h (1985:22)
maître le maison R1 savait ne1 était pas mon2 père en-vue de1 pouvoir payer
'Le propriétaire savait que mon père n’allait pas pouvoir payer...'


variation dialectale

Favereau (1997:§168) signale que ce suffixe est assez productif à Douarnenez ou en Pays Dardoup.

Diachronie

Le suffixe féminin proto-celtique *‑aktā > celtique insulaire *‑axtā est resté productif dans les langues brittoniques pour la formation des noms abstraits dénominaux et désadjectivaux, avec le suffixe breton ‑(i)ezh, moyen cornique ‑(y)eth et gallois ‑(i)aeth.

Dans les trois langues brittoniques et en irlandais, ces suffixes ont développé différentes variantes à partir de suffixes qui appartenaient originellement à leur base, comme le suffixe adjectival ‑ol‑ → breton ‑el‑ezh, moyen cornique ‑ol‑eth, gallois ‑ol‑aeth (Irslinger 2014:85, qui renvoie à Pedersen 1909-1913, II:32 pour d’autres examples incluant l’irlandais).

Jackson (1953:353) et Fleuriot (1964:336) proposent une origine commune pour le suffixe abstrait collectif -i et le suffixe -ezh qui aurait, lui, évolué différemment à cause d’un changement de division syllabique.


A ne pas confondre

Il existe plusieurs suffixes qui prennent au moins une des formes en /es, ez, e/. Ils se trouvent sous les formes écrites -ez, -e(z), -ezh.