-adenn

De Arbres
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La finale en -adenn est composée de deux suffixes. Le suffixe -ad obtient un nom à partir d'une base adjectivale ou verbale. Le suffixe -enn obtient une unité unique. La finale -adenn dénote une entité unique ou une action individuelle. Son pluriel est en -où.


(1) brav, 'beau' => bravadenn, 'embellie, amélioration passagère', Merser (2009)


(2) Lavaret a vefe lipadennou leue!
dit R serait lèch.N.1.PL veau
'On dirait des lèchements de veau!'
(des coulées, des traînées de peinture inégales) Trégorrois, Gros (1970b:§'lipadenn')


Morphologie

Gros (1984:353) note qu'en breton trégorrois, la finale adenn est "parfois contractée en -aënn", ce qu'il désapprouve.


allomorphe ?

Le vannetais Le Bayon (1878:13) signale quelques finales alternatives en -adel. Il cite touéadel ('tirage'?, 'tractage'?) et frintadel.


base adjectivale

(1) Sell an deñvaladenn a zo deut aze er-mêz!
regarde le sombre.N.1 R est venu dehors
'Regarde l'obscurcissement (les nuages noirs) qui est venu là-dehors (au large)'
Trégorrois, Gros (1984:353)


(2) druz, 'gras, abondant, dru, humide, généreux, fertile'

=> druzadenn, 'plaques, touffes d'herbe drue', Merser (2009)

(3) distok, 'détaché, séparé, à l'écart'

=> distokadenn, 'coup, échec, remise en place', Merser (2009)


base verbale

(4) Me am-oa kavet eur guzadenn bér en eur hleuz.
moi R.1SG-avait trouvé un1 caché.N.11 poires dans un talus
'J'avais trouvé une cachette de poires dans un talus.' Trégorrois, Gros (1984:352)


(5) ... me a oa zur, ya, zur lar e-mesk an dra-ze toud, me a gleve ivez klemmadennou, evel loened o hirvoudi!
moi R étais sur, oui, sur que parmi le chose-ci tout moi R1 entendait aussi plaint.es comme animaux à4 gémir
'J'étais sur, oui, sur que parmi tout ça, j'entendais aussi des plaintes, comme des animaux à gémir!'
Uhelgoat, Skragn (2002:192)

Sémantique

-adenn vs. -adeg

Le suffixe -adenn qui obtient une action individuelle est à contraster avec le suffixe -adeg qui marque une action collective.

(2) redek, 'courir' > redadenn, 'course individuelle' et redadeg, 'course collective', Merser (2009:481)


-adenn vs.

Gros (1984:391) signale une préférence en breton trégorrois parlé, qui pourtant utilise ce suffixe -adenn, pour une suffixation à morphème zéro qui "fait plus concret".


(1) N'eo ket krennet mad ar harz: amañ ez eus un tort (/#eun dortadenn).
ne'est pas taillé bien le haie ici y.a un bosse
'La haie n'est pas bien taillée: ici il y a une bosse.' Trégorrois, Gros (1984:392)


(2) An disterrañ stok (/# stokadenn) a ri enni e tiskari anezi.
le in-.signifiant.le.plus touche R1 feras dans.elle R4 abattras P.elle
'Le moindrement que tu la toucheras tu la feras tomber.' Trégorrois, Gros (1984:392)

Diachronie

Selon Irslinger (2014:96), le suffixe -ad-enn remonte probablement au brittonique du Sud-Ouest. Irslinger (2011:70f) relève le cornique avancé hanasenn, dérivation en -enn sur *hanas, 'soupirer' (racine non-attestée).